Deux chiffres ne suffisent pas à établir une comparaison
Une différence numérique ne prouve pas à elle seule qu’un laboratoire a commis une erreur. Il faut d’abord savoir si les documents répondent à la même question. L’analyse d’une fleur et celle d’un échantillon prélevé autrement ne deviennent pas comparables parce que le nom de variété est identique. Un ancien rapport et un résultat récent doivent aussi être replacés dans leur contexte.
Précisez la décision que vous préparez : achat, question sur une spécification ou examen complémentaire. Notez ce qui reste à établir. Tant que la comparaison n’est pas clarifiée, évitez de la présenter comme une preuve définitive de qualité ou de conformité juridique. Cette recommandation ne remplace ni les responsabilités de l’entreprise ni l’évaluation applicable au produit.
Étape 1 : identifier le lot, l’échantillon et le rapport
Réunissez les rapports complets et leurs annexes. Vérifiez le donneur d’ordre, le laboratoire, le numéro et la version de chaque document. Consignez séparément le code du lot et celui de l’échantillon. Quelle quantité celui-ci devait-il représenter ? Qui a prélevé le matériau, à quelle date et à quels endroits ? Une désignation de produit ressemblante ne remplace pas une correspondance documentée.
Relevez les dates de prélèvement, de réception et d’analyse, ainsi que les opérations de conditionnement, stockage ou transformation connues. Un même lot ne signifie pas un échantillon identique ou dans le même état. Demandez si les enregistrements disponibles permettent une comparaison pertinente. Laissez les informations manquantes explicitement ouvertes au lieu de les reprendre de l’autre rapport.
Relier l’échantillon au lot de manière traçable ↗Étape 2 : vérifier ce qui est mesuré et sur quelle base
Placez côte à côte l’analyte, le résultat, l’unité et la base d’expression. Ne comparez pas un composé individuel à une somme, ni une mesure à un calcul défini autrement. Pour les cannabinoïdes, faites préciser ce que le laboratoire désigne par THC ou THC total. Notre outil de calcul explique les termes ; il ne permet pas de décider quel rapport est correct.
Vérifiez notamment si les valeurs sont exprimées sur matière sèche ou sur le produit tel que reçu. Relevez la méthode, les limites de compte rendu et l’incertitude déclarée. Ne transformez pas vous-même une indication inférieure à une limite en valeur nulle. Faites expliquer les différences de définition ou de présentation avant de calculer un écart. Une donnée inconnue reste une question à résoudre dans la fiche.
Distinguer le THC du THC total ↗Étape 3 : adresser des questions précises aux deux laboratoires
Transmettez vos questions avec les documents utiles dont le partage a été autorisé. Demandez à chaque laboratoire quelle matrice et quel paramètre ont été examinés, sur quelle base le résultat est exprimé et quelles réserves accompagnent le rapport. Faites préciser ce que couvre l’incertitude annoncée et quelles informations existent sur le prélèvement et la préparation.
Si la question porte sur le respect d’une spécification, clarifiez d’abord la référence d’évaluation et la règle de décision convenue. L’incertitude n’est pas une marge que l’on peut librement soustraire au résultat. Demandez également s’il existe une correction et quelle version du rapport fait foi. Consignez les réponses, les dates et les interlocuteurs. La rédaction ne peut pas départager deux résultats à partir de leurs seules valeurs.
Lire correctement les lignes de résultats d’un rapport ↗Étape 4 : convenir d’un éventuel contrôle complémentaire
Réanalyser le matériau déjà disponible et effectuer un nouveau prélèvement ne répondent pas nécessairement à la même question. Avec les responsables, déterminez quel matériau subsiste, dans quel état il se trouve et quel examen pourrait éclaircir le point non résolu. La représentativité et l’aptitude d’un échantillon conservé doivent être examinées séparément.
Convenez à l’avance de l’objectif, de l’identification, du prélèvement ou de la préparation, de la méthode, des paramètres et du format du rapport. Clarifiez l’acceptation licite, le transport, le coût, les responsabilités et la base d’évaluation. Un autre laboratoire n’est pas plus approprié simplement parce qu’on espère un chiffre différent. La prestation doit correspondre à la matrice et à la question. Ce guide ne fixe pas un nombre universel de contrôles exigés ou autorisés.
Vérifier l’adéquation du laboratoire à la matrice et à la méthode ↗Ce que des résultats différents ne permettent pas de conclure
Ne choisissez pas automatiquement la valeur la plus basse, la plus haute ou la plus favorable commercialement. Une moyenne calculée sans vérification ne fournit pas non plus une base solide : la comparabilité et une méthode d’évaluation adaptée doivent d’abord être établies. Multiplier les analyses sans question définie peut compliquer le dossier sans expliquer la divergence initiale.
En Suisse, la catégorie du produit reste déterminante. Mesurer des cannabinoïdes, rechercher des contaminants et apprécier un statut juridique sont des tâches distinctes. Un résultat isolé favorable ne remplace pas des paramètres manquants ni une décision relevant des responsables compétents. Si des points essentiels restent ouverts, mentionnez-le clairement au lieu d’inventer une conclusion de libération dans votre dossier.
Votre fiche d’écart : comparer, questionner, documenter
Utilisez le tableau pour un cas précis et reportez séparément les informations des deux rapports. Inscrivez « non indiqué » lorsqu’une donnée manque. La troisième colonne sert à noter la question, son destinataire puis la réponse documentée. Si plusieurs paramètres sont concernés, ouvrez une autre fiche plutôt que de mélanger différents composés sur une même ligne.
Pour terminer, indiquez ce qui a été expliqué, les pièces qui le démontrent et ce qui demeure incertain. Remplacer une ancienne valeur par une nouvelle ne clôt pas à lui seul une question ouverte. Vos saisies restent dans le navigateur ; elles ne sont envoyées ni à un laboratoire ni à CannabisClub.ch et ne sont pas enregistrées durablement. La fonction de copie permet de conserver la fiche dans votre propre documentation.
Préparer une demande d’analyse ciblée ↗Uniquement dans le navigateur. Aucune transmission ni sauvegarde automatique. Conservez vos saisies avant de quitter la page. Sur petit écran, faites défiler le tableau horizontalement.
| Point à vérifier | Rapport A | Rapport B | Question / réponse / responsable |
|---|---|---|---|
| Numéro du rapport et version valide | |||
| Code du lot et quantité concernée | |||
| Identifiant du prélèvement et personne responsable | |||
| Dates de prélèvement, réception et analyse | |||
| Matrice, état et stockage documenté | |||
| Analyte, résultat et unité | |||
| Base d’expression / définition du résultat | |||
| Méthode, limites et incertitude | |||
| Prochaine étape convenue, coût et responsabilités | |||
| Réponse, référence du justificatif, date et points ouverts |
FAQ
L’un des deux rapports est-il forcément faux ?
La différence ne suffit pas à le démontrer. Vérifiez d’abord l’identité des échantillons, le paramètre et la base de comparaison. Même pour un seul lot, les rapports peuvent concerner des prélèvements ou des questions différents. L’explication du cas appartient aux spécialistes concernés, pas à une évaluation automatique de ce guide.
Puis-je simplement utiliser la moyenne ?
Pas comme raccourci sans vérification. La possibilité de traiter ensemble les résultats et le choix d’une évaluation adaptée doivent être établis avec les spécialistes. Une moyenne personnelle ne remplace ni une règle de décision convenue ni la traçabilité manquante du lot.
Quand une seconde analyse est-elle utile ?
Lorsqu’on a défini à l’avance la question qu’elle doit résoudre et le matériau approprié. Il faut distinguer une nouvelle mesure du même échantillon de laboratoire et l’examen d’un nouveau prélèvement. La démarche et l’évaluation devraient être documentées au préalable avec les responsables.
Information rédactionnelle, sans conseil juridique individuel, prestation de laboratoire ni libération de produit. Aucune validation par un laboratoire externe n’est revendiquée.
Sources & contexte
Sources consultées le .
- Sources consultées le 4 novembre 2026. Le rapport du NIST sert de référence pour la comparabilité des mesures de cannabinoïdes ; les guides Eurachem traitent de l’échantillonnage, de l’incertitude et des règles de décision. Ils ne définissent pas une procédure obligatoire en Suisse. La fiche et l’ordre de travail proposés sont des outils rédactionnels de préparation, pas une instruction de laboratoire validée, une accréditation ou une autorisation de commercialisation.
- NIST: Cannabis Laboratory Quality Assurance Program: Exercise 2 Cannabinoid Final Report. NIST IR 8519, 2024.
- Eurachem / EUROLAB / CITAC / Nordtest / AMC: Measurement uncertainty arising from sampling: a guide to methods and approaches. Second edition, 2019, with published errata.
- Eurachem / CITAC: Use of uncertainty information in compliance assessment. Second edition, 2021.